La première semaine à Fauna Foundation

J’ai passé toute ma vie à Montréal. J’ai vu des voitures, des routes, des gratte-ciels assez impressionnants et des pigeons, et ce, presque tous les jours. Le rythme de vie en ville est incroyablement rapide pour atteindre des niveaux de production et de performance élevés. J’avais l’habitude de consulter ma boîte de courriels dans les transports en commun et de lire des textes pour l’école entre deux bouchées le midi pour gagner du temps. La nature était un sujet dont mes collègues de classe et moi parlions de manière passive et brève. Nous considérions la nature comme un espace loin de nous que nous pouvions utiliser comme échappatoire lorsque nous sommes débordés par la quantité de travail que nous avons. Nous parlions de la nature comme étant une entité séparée de nous plutôt que faisant partie intégrante de nous-mêmes. Je n’en ai pas beaucoup appris sur les animaux à l’école ce qui m’a fait oublier que nous ne sommes pas moins animaux que les autres animaux. Cela est d’autant plus évident lorsqu’on en apprend sur nos plus proches cousins, les chimpanzés. Je savais que la fondation Fauna était une place excellente pour me rapprocher de ces êtres.

En me dirigeant vers Fauna à Carignan sur la rive sud de Montréal, j’ai pu apercevoir les terrains d’agriculture qui m’ont rappelé d’où proviennent certains fruits que je me procure à l’épicerie et cette prise de conscience n’était qu’une introduction à ce que je m’apprêtais à vivre durant ma première semaine à Fauna. Quand je suis arrivée sur le site de la fondation, le premier élément qui m’a sauté aux yeux est la nature. J’ai été accueilli par des arbres, une famille de bernaches du Québec et des moustiques. J’étais en retraite totale de la ville. Non seulement il n’y avait plus de gratte-ciels ni de pigeons, mais il n’y avait pas de trafic puisque l’on peut se rendre d’un lieu à l’autre sur le site à la marche, en vélo ou même en voiture de golf. Tous les chantiers sont entourés de plantes, d’arbres et d’un lac. Lorsque j’ai rencontré l’équipe de Fauna, j’ai été impressionnée par leur niveau de dévouement envers les chimpanzés. L’accent n’était pas la performance, mais le bien-être des chimpanzés résidents. C’est ce qui les motive à se lever chaque matin et leur énergie et leur bonne humeur sont beaucoup plus contagieuses que la Covid-19.

En visitant la maison des chimpanzés lors de ma première journée, j’ai rencontré Loulis, un vieil individu bien énergique et eu l’honneur de me faire baptiser par lui avec de l’eau en bouteille. Par la suite, j’aidais en faisant la vaisselle quand j’ai soudainement aperçu un chimpanzé au-dessus de moi qui me supervisait, un Mr. Net qui ne dit pas son nom. Mis à part durant les jours de grand ménage, travailler à Fauna est assez paisible puisque nous ne sommes pas beaucoup sur le site. En fait, l’équipe de Fauna est plutôt petite, ce qui fait d’elle une famille dans laquelle tout le monde se connaît et où la communication entre les membres de l’équipe est aisée. Je suis contente de faire partie de l’équipe Fauna et j’ai hâte de poursuivre mes apprentissages au cours des semaines à venir.